Histoire et architecture

Sur le chemin de pèle­ri­nage d’Orléans à Saint Gilles, Portes sur­veillait le pas­sage des Cévennes sur dix lieues. Les Anduze, les Randon et les Polignac ren­dront hom­mage à l’abbé de Saint-Pierre-de-Sauve pour ce châ­teau du XIe au XIVe siècle.

La sei­gneu­rie devient de plus en plus riche et puis­sante jusqu’à ce que Louis XIII érige Portes en mar­qui­sat en faveur d’Antoine Hercule de Budos à qui l’on doit sans doute le Château Neuf. Son père est évêque d’Agde, une de ses soeurs duchesse de Montmorency, une autre abbesse de « l’Abbaye des Dames » de Caen. Maréchal de Camp, il est tué au siège de Privas en 1629. Sa fille, Marie-Félice, laisse le châ­teau en héri­tage à son neveu, le Prince de Conti, en 1693, que son des­cen­dant vend à Louis XVI en 1781.

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État restitué graphiquement du début du XXe siècle
Hypothèse d’après diverses archives et observations in-situ, coupe-élévation sur la cour, par Claire Moucheboeuf Guiorgadzé, architecte. © Infographie par Jean Gire.

A la Révolution, le bien est natio­na­lisé et vendu à six pro­prié­tai­res suc­ces­sifs. Il abou­tit en 1841 entre les mains de la famille de La Vernede qui fera res­tau­rer le monu­ment alors en mau­vais état. A la suite d’exploi­ta­tion inten­sive des mines de char­bon sous le site, les ter­rains s’effon­drent pro­vo­quant la ruine du châ­teau, évacué en 1929, et la démo­li­tion du vil­lage rebâti 300 m. plus loin. Vers 1960, les ter­rains sont sta­bi­li­sés. En 1969, l’asso­cia­tion est créée afin de sauver le châ­teau. Le châ­teau est classé Monument his­to­ri­que depuis 1984.

Vue aérienne Jusqu’à la fin du XIII e siècle, il y avait là un châ­teau qua­dran­gu­laire flan­qué de tours car­rées, bâti en gros moel­lons de grès. Au XVI e siècle appa­ru­rent fenê­tres à meneaux, gale­ries et esca­lier droit sur la cour d’hon­neur. Au début du XVII e siècle, à l’angle Sud-Est, fut édifié en grand appa­reil un haut bâti­ment, le Château Neuf, en forme d’éperon très effilé qui fait toute l’ori­gi­na­lité et la gloire du monu­ment. A part les res­tau­ra­tions du XIX e siècle, il ne semble pas que la châ­teau ait vu d’autres tra­vaux jusqu’à la ruine de 1929. En 1969, le châ­teau pré­sen­tait de larges failles et des ouver­tu­res aux intem­pé­ries. Les bâti­ments médié­vaux avaient perdu toi­tu­res et étages, l’aile Sud s’était écroulée. Au cou­chant, la façade d’arri­vée, munie d’une porte à assom­moir, est pré­cé­dée d’une bar­ba­cane et enca­drée de deux tours rondes, dont une for­te­ment talu­tée. La cour d’hon­neur pré­sente une gale­rie en arcade au sommet des cour­ti­nes Ouest et Nord. Au midi, une gale­rie basse aux v o ûtes res­tau­rées, pré­cède le bâti­ment Sud ruiné. A l’angle Sud-Ouest, l’esca­lier droit des­sert les dif­fé­ren­tes gale­ries. Au levant, un bâti­ment, flan­qué au Nord-Est d’une tour carrée, contient les traces d’une grande che­mi­née du XIV e ou XV e siècle, sans doute celle des cui­si­nes médié­va­les.

La famille de Budos

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blason des Budos

Raymond Guillaume de Budos, neveu du pape Clément V, achète la sei­gneu­rie en 1322, agran­dit le châ­teau et le flan­que d’au moins deux tours. En 1384, Thibaud de Budos récu­père Portes enlevé à son père André qui avait pris le parti des Anglais au début de la Guerre de Cent Ans.

Blason Chateau de Portes
Blason Chateau de Portes
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